Mon passé d’ado : le jour où j’ai raté la boum de Florian

Publié le par Aline Rigole Martin

souvenirs adoAvant d’être la merveilleuse maman (ça va de soi) que je suis, j’ai d’abord été une enfant casse-pieds, puis une adolescente pénible. Et comme je suis d’humeur nostalgique, j’avais envie de revenir sur un épisode tragique de cette période : le jour où j’ai raté la boum de Florian.

En classe de 6ème, je tombais amoureuse à peu près toutes les 3 semaines. Et j’avais fini par jeter mon dévolu sur un garçon prénommé Benoît. Quand on a 12 ans, il y a des événements qu’on ne raterait pour rien au monde et notamment les "boums", ces moments qui sentent bon la liberté et l’éloignement du carcan familial.

La toute première était organisée par Florian, un gars de la classe qui avait plutôt du succès auprès des filles et dont j’étais tombée amoureuse le 13 février 1998 (cf mon journal intime), avant de changer de cible quelques jours plus tard.

J’avais appris que Benoît était invité à cette fameuse boum alors j’ai tanné mes parents pour qu’ils acceptent de me laisser voler de mes propres ailes, le temps d’un samedi entre 14h00 et 18h00. La négociation a été très difficile mais nous sommes tombés d’accord : « Si ta chambre est rangée, c’est OK ». Autant vous dire que je me suis dépêchée de tout ranger à ma façon, c’est-à-dire en tas dans l’armoire en veillant à refermer la porte suffisamment vite pour que le tas ne ressorte pas. C’est une technique qui s’acquiert avec le temps mais avec un peu d’adresse, ça marche plutôt bien.

Le rendez-vous était donc fixé au samedi suivant et je rêvais déjà à l’avenir avec Benoît, au mariage, aux enfants... On est complètement en dehors des réalités quand on 12 ans et des boutons sur le front mais qu’importe, j’étais heureuse.  Mon journal intime du 10 mars 1998 le prouve : « Je suis trop contente. Ça va être trop bien samedi et je suis trooooop amoureuse ». Justement, j’étais un peu TROP enthousiaste. Et c’est là qu’un événement vraiment tragique est venu bousculer tous mes projets.

Ma soeur qui a 3 ans de moins a eu la bonne idée de se casser la figure de la balançoire, ce qui lui a valu un bras en vrac et un beau plâtre. Jusque là, tant pis pour elle (Il y a toujours de l’amour entre soeurs, c’est bien connu). Comme je la récupérais le soir à l’école pour qu’on rentre ensemble à la maison, il fallait que je tienne compte de son handicap passager et que je porte son cartable (demande de mes parents). Comme s’il ne lui restait pas l’autre bras pour le faire ! Bref, j’ai refusé. Elle n’a pas apprécié du tout et en vrai petite soeur qui se respecte, elle s’est dépêchée de tout raconter aux parents avec son regard de petite fille malheureuse (et son petit sourire fourbe en coin quand elle me montrait du doigt). Comme tout caftage en bonne et due forme, ça a fonctionné et la sanction est tombée comme un couperet (je vous jure, je l’ai ressenti comme ça) : PRIVEE DE BOUM.

Pour moi, c’était la fin du monde. Ma vie était foutue. Oui, on sait très bien relativiser quand on est ado. Donc après avoir écrit dans mon journal intime senteur fraise que « mes parents méritaient pas d’être mes parents », j’ai pris la décision de fuguer. J’ai attrapé un paquet de chocos BN, une petite bouteille d’eau, un pull de secours et je suis partie avec mon sac de 6ème sur le dos.

J’ai été jusqu’au bout de la rue et, après environ 800 mètres de marche intense, je me suis rendue compte que j’allais pas tenir longtemps avec 20 choco BN. Je suis donc rentrée pleurer sur mon journal intime, en maudissant ma soeur, mes parents, et la Terre entière.

J'ai loupé la boum de Florian mais je me suis rattrapée quelques semaines plus tard, en réussissant à aller à la boum de Jérémy. Tout y était : garage relooké en boîte de nuit (à 14h un samedi, y'avait de l'ambiance !), cocktail de multifruits, Panach' de Monaco piqués aux parents et échangés en douce entre deux tubes des Backstreet Boys, quart d'heure de slows pendant lequel tout le monde rougit et regarde ses pieds...

Et puis, il y a eu une autre boum, et une autre, et encore une autre. Les horaires ont changé. On ne sortait plus le samedi après-midi pour danser dans un garage mais le samedi soir en boîte.

Et ma vie d'ado est devenue une vie d'adulte.

Petit message à ma sour : Tu as de la chance que Benoît ne soit pas devenu un homme multimilliardaire aujourd’hui, sinon j’aurais vraiment raté ma vie à cause de tes exploits à la balançoire. Tu t’en es plutôt bien sortie je trouve :-)

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